-Von den UCI-Präsidenten angeklagt: Helft Paul Kimmage -Kimmage: It’s about our profession journalism -Im Vergleich: Landis Judgment und Kimmage Case -Dopage, David contre Goliath à Vevey

Dopage, David contre Goliath à Vevey

27.11.

Dans le dernier numéro du magazine des médias «Edito+Klartext» publié en Suisse (.pdf, page 19), j’ai décrit le développement dans le cas Paul Kimmage. Comme ma connaissance de la langue française est encore assez faible, le text a été traduit par Anne-Sylvie Mariéthoz. Merci beaucoup!

Pour lire la version allemande, veuillez avancer ici.
En allemand: Wer die deutsche Version lesen möchte, kann hier vorspulen.

Andere Zeiten: Kimmage (links) und McQuaid (rechts) bei WM 1985 ©PaulKimmage





Après que deux pontes de l’Union cycliste internationale ont suspendu leur plainte, c’est au tour du journaliste Paul Kimmage de saisir la justice.

Le journaliste irlandais Paul Kimmage devait être convoqué par le Tribunal d’arrondissement de L’Est vaudois à Vevey. L’avis lui est parvenu mi-septembre, la plainte émanant de l’Union cycliste internationale (UCI), plus précisément de son influent ex-président, Hein Verbruggen, et de son successeur, Pat McQuaid.

«Il ne leur faudra pas plus de cinq minutes pour gagner le tribunal en voiture. J’aimerais bien bénéficier des mêmes facilités», commente l’ancien cycliste devenu journaliste. Pourquoi saisirait-on la justice suisse en l’occurrence? Le motif ne saute pas aux yeux. Mais si l’UCI, qui siège dans la ville voisine d’Aigle, porte régulièrement ses litiges devant les tribunaux helvétiques, ce n’est pas tout à fait par hasard.

C’est une interview de l’ancien coureur Floyd Landis, qui a mis le feu aux poudres cette fois-ci. Ce dernier y fait état de contrôles positifs, mettant en cause Armstrong et ses pratiques de dopage – mais aussi l’UCI qui aurait volontairement ignoré les faits. Or c’est au journaliste Paul Kimmage que les pontes de l’UCI s’en prennent aujourd’hui, pour avoir rapporté les déclarations de l’excycliste repenti sur son ex-coéquipier.

Les plaignants ont réclamé une somme de 16’000 francs suisses, ainsi que des excuses publiques dans divers médias internationaux. L’Irlandais n’a pas publié ses comptes-rendus dans la presse suisse en effet, mais dans le quotidien français «L’équipe» et dans l’hebdomadaire britannique «The Sunday Times». Mais plutôt que d’intenter une action contre les titres concernés, à Paris et à Londres, les deux fonctionnaires de l’UCI ont choisi d’attaquer le rédacteur indépendant, qui ne dispose que de moyens modestes. Leurs motivations ne faisaient aucun doute pour l’Irlandais: «Je ne suis pas le seul visé, c’est le journalisme d’investigation que l’on tente de museler.» Or la situation a évolué depuis.

Suite aux publications de l‘agence américaine antidopage (USADA), l’UCI a déchu Armstrong de ses sept victoires au Tour de France. Dans le même communiqué l’Union cycliste internationale faisait cependant savoir que Verbruggen et McQuaid suspendaient leur plainte contre Kimmage. Le journaliste a réagi en déposant plainte à son tour, auprès du tribunal de Vevey. Un dossier de 28 pages, assorti de 55 documents justificatifs préparé par son avocat Cédric Aguet, a été remis début novembre aux autorités judiciaires. Le ministère public devra donc enquêter pour «pour calomnie, dénigrement et forts soupçons d’escroquerie». Selon les termes de Kimmage, publiés sur Twitter, son avocat promet «l’enfer» à ses accusateurs.

[Note complémentaire: J'ai contacté Paul Kimmage, l'UCI et le tribunal pour demander l'état actuel. Dès que j'aurai des réponses, je vais les publier ici.]

[actualisation 29.11.2012 (anglais), Kimmage lawyer: "In the Swiss criminal procedure code the 14 days delay does not apply, therefore."]


Allons-nous assister à un «procès boomerang?». Impossible d’en savoir plus au moment où nous bouclons cette édition. Le ministère public a jusqu’au 16 novembre pour rendre sa décision. Si une procédure ordinaire est effectivement ouverte, le journaliste irlandais peut espérer susciter davantage l’attention des médias. Pourquoi les sportifs étrangers sont-ils si nombreux à élire domicile en Suisse durant leur carrière, pour regagner leur pays sitôt retraités? Ce choix ne s’explique pas uniquement par des facilités d’entraînement ou des avantages fiscaux. Même constat pour les associations sportives internationales, dont une bonne vingtaine sont implantées en Suisse. La loi suisse accorde à tous ces protagonistes une marge de manoeuvre appréciable.

Dans son livre paru il y a plus de vingt ans sous le titre «Main basse sur les J.O.», le Britannique Andrew Jennings décrivait le système corrompu sur lequel régnait Juan Antonio Samaranch, l’ancien président du Comité international olympique. L’instance porta plainte pour diffamation et le tribunal vaudois choisi par Samaranch, lui donna raison. Le journaliste fut condamné non seulement à verser un dédommagement mais aussi à quelques jours de prison ferme.

C’est la stratégie éprouvée qu’a reconduit aujourd’hui l’Union cycliste internationale, avant de suspendre sa plainte. Mais contrairement à Jennings qui ne s’était pas déplacé lors du procès de 1992, Kimmage a d’ores et déjà pris les devants.

Quand le journaliste cherchait encore les moyens de payer son procès en tant qu’accusé, des fans de cyclisme ont lancé un fonds de soutien et récolté plus de 71`000 euros (état 27.11). Une somme que Kimmage pourrra utiliser pour financer sa contre-attaque. Il se sent à ce jour «au maximum de sa forme à la veille d’un grand combat».

Ministère public d’arrondissement de l’Est vaudois:


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Deutsche Übersetzung:

Der Radsportweltverband will mit einer Klage den kritischen Journalisten Paul Kimmage mundtot machen, muss dann aber zurückziehen. Kimmage antwortet mit einer eigenen Klage. Ein Kampf David gegen Goliath, der in den Schweizer Medien bislang kaum beachtet wird.

Mitte September lag die Vorladung im Briefkasten. Am Tribunal D’Arrondissement de L’Est Vaudois in Vevey sollte sich der kritische Journalist Paul Kimmage für seine Berichte erklären, verklagt von Radsportweltverband UCI in Person des einflussreichen Ex-Präsidenten Hein Verbruggen und seinem Amtsnachfolger Pat McQuaid.

«Beide haben nur eine fünfminütige Autofahrt zum Gericht. Ich wünschte, ich könnte mein Leben ähnlich bequem organisieren», kommentierte Kimmage die Standortwahl des Gerichtes. Warum sich Paul Kimmage ausgerechnet vor der Schweizer Justiz argumentieren sollte, ist auf den ersten Blick nicht nachvollziehbar. Der Radsportweltverband UCI, der im benachbarten Aigle sitzt, wird seine Gründe haben, nutzt er doch regelmäßig für seine Klagen das eidgenössische Gericht.

In diesem Fall sahen sich die beiden UCI-Granden nach einem Interview von Kimmage mit dem ehemaligen Radprofi Floyd Landis in ihrer Ehre gekränkt. Landis spricht darin von positiven Proben, die bei seinem damaligen Kapitän Lance Armstrong Doping bewiesen hätten und anschließend von der UCI vertuscht worden seien. Anschuldigungen, die Kimmage in späteren Berichten aufgriff – zum Missfallen der UCI-Mächtigen.

Pat McQuaid (Tour de France 2011) ©jsachse



Die angeblich üble Nachrede publizierte Kimmage allerdings nicht in der Schweiz, sondern in der britischen «Sunday Times» und in der französischen «L’Equipe». Doch statt in Paris und London aktiv zu werden und die Zeitungen zur Rechenschaft zu ziehen, verlangten die Funktionäre vom freiberuflichen Journalisten, der nur über bescheidene Mittel verfügt, über 16.000 Schweizer Franken. Für den Iren war das Motiv eindeutig: «Es geht nicht nur um mich. Es geht um den guten Journalismus, der ausgebremst werden soll.» Doch dann wendete sich das Blatt.

Als nach den Veröffentlichungen der amerikanischen Anti-Doping Agentur USADA die UCI Armstrong sieben Tourtitel aberkannte, ließ der Radsportweltverband in der selben Pressemitteilung vermelden: Verbruggen und McQuaid werden ihre Klage gegen Kimmage «on hold» setzen.

Der Journalist reagierte, indem er jetzt selbst eine Klage in Vevey anstrebt. Dort traf Anfang November ein 28-seitiges Schreiben mit 55 angehängten Beweisstücken ein, verfasst von Anwalt Cedric Aguet. Die Staatsanwaltschaft solle wegen «Rufmord, Verunglimpfung und starken Betrugsverdacht» ermitteln. Kimmage beschrieb das Schreiben auf Twitter. Sein Anwalt habe «die Hölle entfacht. »

Ob es tatsächlich zu einem “Boomerang-Prozess” kommen wird, stand bei Redaktionsschluss noch nicht fest. Die Staatsanwaltschaft musste bis zum 16. November eine Entscheidung fällen. Sollte es zu einer ordentlichen Verhandlung kommen, wird Kimmage hoffen, dass seine eigene Klage in den Schweizer Medien mehr Beachtung findet, als zuvor.

[Ergänzende Anmerkung: Ich habe Paul Kimmage, die UCI und das Gericht kontaktiert und nach dem aktuellen Stand gefragt. Sobald ich eine Rückmeldung bekomme, werde ich sie hier veröffentlichen.]

[Update 29.11.2012, Kimmage Anwalt schreibt: "In the Swiss criminal procedure code the 14 days delay does not apply, therefore." Also weiter warten.]


Nach Bekanntwerden der Klage der UCI-Herren kommentiere einzig der «Tages-Anzeiger» (27.9.) das Geschehen. Es passt ins Bild der Schweizer Sportjournalisten, die finanzielle und politische Hintergründe oder Dopingthemen im eigenen Land oftmals zurückhaltend kommunizieren. Dabei gäbe es aus juristischer Perspektive zahlreiche Ansätze über die Sportpolitik im eigenen Land kritisch zu berichten. Die Schweizer Gesetzgebung ermöglicht viel Spielraum, die Sportlern und mächtigen Weltsportverbänden korrupte Praktiken gestatten. Der Fußballweltverband FIFA sei nur exemplarisch genannt.

Vor über 20 Jahren beschrieb der Brite Andrew Jennings in seinem Buch «The Lord oft the Rings» das korrupte System rund um Juan Antonio Samaranch, den damaligen Präsidenten des Internationalen Olympischen Komitees. Das IOK klagte wegen Verleumdung. Das von Samaranch gewählte Gericht in Pays de Vaud gab dem Kläger Recht. Der kritische Journalist Jennings musste zahlen und für fünf Tage ins Gefängnis.

Eine ähnliche Strategie fuhr der Radsportweltverband – bis er seine Klage pausierte. Jennings erschien 1992 übrigens nicht vor Gericht. Ganz anders Kimmage, der den Vorkämpfer gibt.

Als er selbst noch als Angeklagter nach einem Weg für die Finanzierung des Prozesses suchte, riefen Radsportfans kurzerhand einen Spendenfond ins Leben, in den über 71.000 Euro (Stand: 27.11.) geflossen sind. Diese Mittel wird Kimmage für seinen Gegenangriff gebrauchen können. In seinen Worten: «Ich fühle mich wie Maximus bei der Vorbreitung auf einen großen Kampf.

Aktuelle Ergänzung: Heute stellte Paul Kimmage gemeinsam mit anderen Personen aus dem kritischen Radsportkreis die Anti-UCI Initiative “Change Cycling Now” vor. Dazu bald mehr.

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